Fevrier 2009 - La National Rosacea Society (NRS) américaine a accordé un financement à quatre nouvelles études dans le cadre de son programme de bourses de recherche destinées à promouvoir le progrès scientifique dans la compréhension des causes de la rosacée.
"Nous sommes extrêmement reconnaissant envers les milliers de patients dont les donations sont utilisées pour soutenir cet important programme", a déclaré le Docteur Jonathan Wilkin, président du comité médical de la NRS. "Les études en cours contribuent déjà à d'importants progrès vers la meilleure compréhension et prise en charge de la rosacée, ainsi que vers sa potentielle prévention et guérison".
Le Docteur Robert Walters, professeur assistant - division dermatologie, et le Docteur Robert J. Lefkowitz, professeur - département de médecine, du centre médical de la Duke University, se sont vus accordé 25 000 $ pour étudier le rôle des beta-arrestines dans les processus de flush cutanés. Ces chercheurs soulignent que la niacine (ou vitamine B3) dont le rôle dans la survenue de flush importants est depuis longtemps connu, stimule des récepteurs dans les cellules cutanées qui réagissent en activant à la fois des protéines G et les beta-arrestines. Néanmoins, indiquent-ils, une étude récente a identifié des substances comparables à la niacine capable de stimuler uniquement les protéines G, sans induire de flush, suggérant que ce sont les beta-arrestines qui pourraient réguler les états de flush. La nouvelle étude financée doit permettre une meilleure compréhension des changements dans la circulation sanguine cutanée et conduire à de possibles traitements des flush de la rosacée.
Le Docteur Curdin Conrad, post-doctorant au département d'immunologie du MD Anderson Cancer Center, et le Docteur Alexander Navarini, post-doctorant au département de dermatologie de l'hôpital universitaire de Zurich, se sont vus accordé 21 450 $ pour étudier le rôle des cellules dendritiques plasmacytoides et de l'interféron alpha dans la rosacée.
Ils soulignent que leur travail est une suite logique des recherches du Docteur Richard Gallo et ses collègues, également financées par la NRS, qui ont mis à jour le rôle des peptides antimicrobiens tel les cathelicidines dans la rosacée. Ces peptides faisant partie du système immunitaire inné, leur étude va examiner l'étape suivante du processus immunologique du corps pour savoir si l'interféron type I, une glycoprotéine qui aide à combattre les infections virales, et les cellules dendritiques plasmacytoides, qui produisent de l'interféron, sont présents dans la rosacée. Ils soulignent que le rôle de ces mécanismes dans la survenue du psoriasis a été démontré, et qu'une découverte du même ordre dans le cadre de la rosacée pourrait constituer la base de nouvelles stratégie thérapeutiques.
Le Docteur Richard Gallo, chef de la division dermatologie de l'université de Californie-San Diego, et le Docteur Kenshi Yamasaki, de la Veterans Medical Research Foundation, se sont vus alloué 25 000 $ pour poursuivre leur étude, déjà financée par la NRS, sur le rôle des cathelicidines dans le sous-type 2 de la rosacée (rosacée papulo-pustulaire).
Leurs précédentes recherches ont permis de découvrir que les patients atteints de rosacée ont une trop grande quantité d'une molécule appelée cathelicidine, excès dont l'étude sur des souris et par cultures artificielles a prouvé qu'il provoquait les symptômes de la rosacée. Ils ont aussi montré que la surabondance de cathelicidines est la conséquence de la présence excessive d'une enzyme dans la peau.
Dans leur nouvelle recherche, ces chercheurs vont tester leur hypothèse que la présence excessive de cette enzyme anormale est un facteur clé dans le développement de la rosacée. Un excès de cathelicidines ainsi qu'un excès de cette classe d'enzymes spécifique pourrait expliquer la survenue de la rosacée, ce qui ouvrirait la voie à un traitement fonctionnant par l'inhibition de la production ou de l'action de ces molécules.
Enfin, les Docteurs Joseph Rothnagel, professeur associé, et Manuela Trabi, conférencier, du département des sciences microbiennes et moléculaires de l'université de Queensland (Australie), ont reçu 18 000 $ pour leur étude du rôle des kallicréines tissulaires dans la rosacée. Cette étude s'appuie aussi sur les découvertes du Professeur Gallo et ses collègues. Les deux chercheurs observent que ces précédentes études ont montré l'implication de l'enzyme hK5 et de la protéine CAP18, et font l'hypothèse qu'au moins une autre enzyme est présente en excès dans la rosacée. Ils vont aussi étudier dans quelle mesure d'autres protéines, connues pour avoir un rôle crucial dans le maintient de la bonne santé de la peau, pourraient être détruites par ces enzymes à un rythme supérieur à la normale, favorisant l'action d'agents pathogènes.
Source:
National Rosacea Society